15 janvier 2012

La guerre des mondes, de HG Wells (1898)

 

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Résumé : Des scientifiques observent avec enthousiasme divers phénomènes sur la planète Mars. Quelques jours plus tard, une pluie de ce que l'on prend d'abord pour des météorites s'écrase sur Terre et les habitants découvrent rapidement qu'il s'agit en fait de cylindres abritant des martiens. L'enthousiasme emporte les scientifiques qui rèvent de communication avec les extra-terrestres, mais leur espoir est rapidement déçu. Les martiens sont en fait des être belliqueux, près à tout pour conquérir la Terre et qui, à l'aide d'un "rayon ardent", entreprennent de brûler et d'exterminer les humains. La guerre des mondes commence...

Mes impressions : Ce roman fait figure de précurseur des romans de science-fiction mais, au-dela de la simple science fiction, on peut y lire les atermoiements d'une époque. L'ère industrielle est à son apogée, la recherche et les découvertes scientifiques se multiplient, ce qui laisse bien peu de place à l'homme, écrasé par les machines. De plus, les grandes nations européennes multiplient les conquêtes en Asie et en Afrique. Elles instaurent une colonialisation qui va durer des décennies tout en tentant d'étouffer la rébellion des autochtones peu désireux de se laisser dominer et exploiter.

J'avoue que c'est surtout l'évocation de ce contexte historique qui m'a plu dans le roman. La narration et l'enchainement de chapitres courts et plutôt redondants m'ont quant à eux globalement laissée de marbre. Je dirais donc que cette lecture n'a été ni un plaisir, ni un déplaisir, et me laisse une impression neutre.

4ème de couverture : «Je voyais maintenant que c'étaient les créatures les moins terrestres qu'il soit possible de concevoir. Ils étaient formés d'un grand corps rond, ou plutôt d'une grande tête ronde d'environ quatre pieds de diamètre et pourvue d'une figure. Cette face n'avait pas de narines - à vrai dire les Martiens ne semblent pas avoir été doués d'un odorat - mais possédait deux grands yeux sombres, au-dessous desquels se trouvait immédiatement une sorte de bec cartilagineux. [...] En groupe autour de la bouche, seize tentacules minces, presque des lanières, étaient disposés en deux faisceaux de huit chacun. Depuis lors, avec assez de justesse, le professeur Stowes, le distingué anatomiste, a nommé ces deux faisceaux des mains.»

 

Ce roman fait partie des challenges:

"Un mot, des titres"

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God save the livre

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et Chefs d'oeuvre de la SFF (3 d'un coup, yeh !)

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31 décembre 2011

Les piliers de la Terre, de Ken FOLLETT (1989)

 Après avoir vainement tenté de résumer ce roman, je renonce et préfère faire un copier coller de la 4ème de couv' (moi, feignasse? jamais).

"Dans l'Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes."

Pour ma défense, il faut bien avouer que ce n'est pas très évident de résumer un roman de plus de 1100 pages, qui se déroule sur une période de plus de 40 ans, nous fait arpenter l'Europe de la campagne anglaise à Saint Denis, en passant par les chemins de Saint Jacques de Compostelle et l'Andalousie, sur la trace des maîtres bâtisseurs.

En substance, alors qu'une guerre de succession fait rage en Angleterre, nous suivons les pérégrinations de Tom Builder qui, depuis qu'il a perdu son emploi de maître bâtisseur, en est réduit à arpenter les routes, accompagné de sa famille. L'hiver fait rage, les routes sont peu sures, la nourriture manque et la femme de Tom meurt en mettant leur fils au monde. Fils que Tom n'a d'autre choix que d'abandonner en pleine forêt. Par chance, l'enfant est recueilli par un moine et Tom fait la connaissance d'Ellen, belle sauvageonne mystérieuse et son fils Jack, enfant à la fois renfermé et étrangement doué. Les deux familles vont s'unir et se soutenir l'une l'autre (si l'on excèpte la rivalité perpétuelle entre Jack et Alfred, le fils de Tom). Leur périple les mène finalement jusqu'au prieuré de Kingsbridge où, miraculeusement, Tom trouve un emploi de bâtisseur de cathédrale, qui leur permet de subsister quelques temps. Ils y font la connaissance du prieur Philipp, qui va jouer un rôle fondamental dans le roman. En parallèle, la belle Aliena voit sa vie dorée voler en éclat: son père est accusé de félonie, elle est spoliée de son château, pourchassée par le vil William Hamleigh (dont elle a eu la "mauvaise idée" de repousser les avances et qui va passer les 40 années suivantes à le lui faire chèrement payer) et se jure de venger son père. Sa route va croiser celle de la famille de Tom.

 

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Bref, je ne dirais qu'une chose : ce n'est pas pour rien que ce roman est un best seller qui a fait le tour du monde et enchanté des millions de lecteur ! J'admets que la notion de best seller n'est pas toujours un gage de qualité, loin s'en faut, mais à mon humble avis, Les piliers de la terre mérite amplement son succès. En tout cas, j'ai adoré le style simple de Follett qui permet d'enchainer les 1100 pages en un rien de temps. Mais j'ai surtout été happée par la richesse de l'intrigue, les très nombreuses péripéties, l'évocation d'une Angleterre moyenâgeuse à la fois très dure (entre misère, disette, pillages et viols) et porteuse d'un immense espoir dans la noblesse des hommes et, il faut bien l'avouer, par le portrait de vrais héros du quotidien (Tom Builder, Jack Shareburg, je vous aime ! !).

J'arrête là ces critiques dithyrambiques (mais méritées) pour aller écrire un avis nettement moins élogieux (pour rester polie) sur Les vaches de Staline et L'homme invisible.

 

Editions Le livre de poche (janvier 1992)
1150 pages

Ce roman fait partie des challenges 26 livres 26 auteurs 2011 et God save the livre.

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17 octobre 2011

La mère, de Maxime GORKI (1907)

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Le roman se déroule en Russie, après la révolution de 1905.

Il a pour personnage central Pélagie Vlassov. C'est une simple ouvrière qui a vécu de longues années difficiles, entre la dureté du travail à l'usine métallurgique et la tyrannie qu'exerce son mari Mikhaïl Vlassov. A la mort de celui-ci, sa vie prend un nouveau tournant : elle découvre que son fils chéri, Paul, a embrassé les idéaux socialistes et adhéré à un groupe de militants révolutionnaires. Quoi qu'effrayée des dangers qu'il encourt, elle se prend peu à peu d'affection pour les membres de son groupe. A leur contact, la femme simple, soumise à l'autorité de son mari et de la société, vivant dans la crainte et l'obscurantisme, va considérablement évoluer. Elle prend conscience que les injustices du système capitaliste ne sont pas une fatalité, elle devient une figure emblématique (la mère de tous les opprimés) et, lorsque Paul est emprisonné pour agitation sociale, va jusqu'à prendre part activement à l'action révolutionnaire.

 

Mes impressions

Gorki signe avec La mère un roman très fort, qui a eu une forte résonance dans les mouvements socialistes du début du 20ème siècle et qui a souvent été utilisé par le parti communiste russe à des fins de propagande. Au delà du simple portrait d'une femme qui gagne son émancipation et sa dignité à travers la lutte révolutionnaire, c'est un portrait sans concession des prémisses du système capitaliste, d'un monde ouvrier exploité, abruti de travail et ravalé au rang de main d'oeuvre corvéable à merci.

 Extraits

"Tous les jours, dans l’atmosphère enfumée et grave du faubourg ouvrier, la sirène de la fabrique jetait son cri strident. Alors, des gens maussades, aux muscles encore las, sortaient rapidement des petites maisons grises et couraient comme des blattes effrayées. Dans le froid demi-jour, ils s’en allaient par la rue étroite vers les hautes murailles de la fabrique qui les attendait avec certitude et dont les innombrables yeux carrés, jaunes et visqueux, éclairaient la chaussée boueuse. La fange claquait sous les pieds. Des voix endormies résonnaient en rauques exclamations, des injures déchiraient l’air ; et une onde de bruits sourds accueillait les ouvriers : le lourd tapage des machines, le grognement de la vapeur. Sombres et rébarbatives comme des sentinelles, les hautes cheminées noires se profilaient au-dessus du faubourg, pareilles à de grosses cannes.

[...] La fabrique engloutissait la journée, les machines suçaient dans les muscles des hommes toutes les forces dont elles avaient besoin. La journée était rayée de la vie sans laisser de traces ; sans s’en apercevoir, l’homme avait fait un pas de plus vers sa tombe ; mais il pouvait se livrer à la jouissance du repos, aux plaisirs du cabaret sordide, et il était satisfait."

Une version électronique complète du roman est en ligne ici.

 

Editions Le temps des cerises (novembre 2001)
354 pages

Ce roman fait partie du challenge Une année en Russie.

 

 

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25 septembre 2011

Le dernier roi d'Angkor, de Jean-Luc COATALEM (2010)

 

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Résumé

Lucas, journaliste parisien quadragénaire, est en pleine crise personnelle (sa compagne vient de le quitter) et tente de reconstruire sa vie, de faire table rase du passé. Pourtant, après avoir retrouvé par hasard un vieil album de photos, il est submergé dans les souvenirs de son enfance : ses grands-parents; son père banquier raté à l'âme d'artiste; les aventures indochinoises de ses oncles... Et surtout : Louis Noël, dit Bouk, le jeune orphelin cambodgien qui venait passer les week-end dans la maison familiale de Viroflay, ce jeune garçon mystérieux (prince déchu ou parent caché ?) qui le fascinait tant mais qui, trente ans plus tôt, a disparu sans laisser de trace.

L'image de Bouk, l'incarnation de l'enfance, du mystère et de l'aventure, devient une obsession pour Lucas. Partagé entre la culpabilité de n’avoir pas mieux compris Bouk lorsqu’ils étaient enfants, et l’espoir d’enfin lever le voile sur les mystères de son enfance, il se lance à sa recherche. Sa quête l'entraîne dans un voyage à travers le temps et l'espace, jusqu'aux grandioses ruines d'Angkor.

Mes impressions

Ce livre a été un grand coup de cœur !

J’ai beaucoup aimé la mélancolie et la poésie qui se dégagent de ce roman; l’introspection intimiste de Lucas pour qui la quête de Bouk est bien plus que la seule recherche d’un ami disparu mais devient une réflexion sur l’histoire de sa famille, le remède qui lui permet de panser les blessures du passé et de se tourner enfin vers l’avenir.

Mais cette ode à l’enfance et à sa magie est également un formidable récit de voyage et de littérature : dans sa quête, l’auteur nous entraine notamment en Inde et en Belgique. Et dresse d’astucieux parallèles entre la relation Bouk – Lucas et celles d’une part de Kippling et de son héros Kim et, d’autre part, de Hergé et de son ami Tchang, le petit chinois des aventures de Tintin au Tibet.

Mais le voyage qui m’a le plus transportée est sans aucun doute celui de Lucas au Cambodge. Comme vous avez pu le voir ici ou , je suis fascinée par ce pays, et plus particulièrement par la région d’Angkor. Et la lecture du dernier tiers du roman, à la fois réaliste et pleine de poésie, m’a transportée à Angkor, parmi ses temples monumentaux et ses bas-reliefs pleins de mystères, ses légendes, sa végétation plus que luxuriante en saison de pluie et ses senteurs !

A noter : ce roman est en grande partie autobiographique, comme l'explique Jean-Luc Coatalem dans un entretien (lien) accordé au Télégramme en avril 2011.

 

Editions Grasset (mai 2010)
304 pages


Ce roman fait partie du challenge 26 livres 26 auteurs 2011.

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08 septembre 2011

Rebecca, de Daphné du Maurier (1938)

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La jeune narratrice (dont d'ailleurs nous ne connaitrons jamais le nom) est dame de compagnie pour Mme Van Hopper, riche américaine en villégiature à Monte-Carlo. Pauvre, dotée d'une très faible estime d'elle-même, la jeune femme est fort surprise lorsqu'elle arrive involontairement à susciter l'intérêt du séduisant et riche, mais changeant, Maximilien de Winter. Des liens d'amitié se nouent entre eux et Maxim demande rapidement la main de la narratrice. Malgré les réserves perfidement émises par Mme Van Hopper quant aux écueils d'un tel mariage, et notamment le récent veuvage de Maxim suite à la noyade de sa première épouse, la jeune femme accepte et les jeunes mariés partent s'établir à Manderley, la propriété de Maxim en bord de mer.

La jeune femme peine à prendre ses marques dans la superbe demeure dont elle ne connaît pas les habitudes : elle n'est pas à l'aise, commet maladresse sur maladresse et, dès les premiers jours, craint de ne pas être à la hauteur de l'éclat de Manderley. De plus, elle se heurte à l'hostilité de Mme Danvers, la gouvernante. Sa maladresse et son malaise vont crescendo lorsqu'elle réalise que la demeure, mais également l'esprit des domestiques et des voisins sont encore marqués par l'empreinte laissée par la belle, talentueuse, brillante et parfaite Rebecca, défunte femme de Maxim. La timide narratrice se sent peu à peu écrasée par l'ombre de la défunte, avec qui elle sait ne pas pouvoir rivaliser, et finit par se persuader que son mari est toujours amoureux d'elle.

Les liens entre les jeunes mariés en viennent à se distendre, au point que la narratrice envisage de quitter Manderley et son époux. Mais un évènement soudain va lui faire changer d'avis.

 Mes impressions

Une agréable lecture, avec une bonne dose de suspens et de parodies. Malgré son résumé très "roman à l'eau de rose", ne vous y trompez pas, ce roman est en fait une parfaite parodie de ce genre littéraire : ici, pas de beau couple qui surmonte tous les obstacles pour finir ses jours dans la paix et la félicité : des obstacles à surmonter, il y en a effectivement un grand nombre, mais la fin est loin d'être heureuse. A travers les difficultés rencontrées, la jeune narratrice timide et gauche laisse finalement place à une jeune femme résolue et forte. Mais à quel prix ? Au prix de son innocence et de sa candeur... Elle grandit et s'affirme mais découvre par là-même la noirceur du monde.

Car le propos de ce roman, derrière la façade du bon goût et de la respectabilité, est vraiment très sombre: les plus bas instincts humains y sont décrits (avec classe et mesure, soit) et l'on découvre que les apparences peuvent parfois être trompeuses. Daphné du Maurier en profite pour dresser une subtile galerie de portraits, de la flamboyante Rebecca à la timide narratrice, en passant par la haineuse mais au fond malheureuse Mme Danvers.

Ce roman comporte également beaucoup de suspens, qui est mis en place dès les premières pages (d'où vient donc l'humeur changeante de Maxim ? Pourquoi s'est-il entiché d'une jeune femme d'un milieu social si différent du sien ?) et qui maintient l'attention du lecteur jusqu'à la dernière page.

"S'il y avait une femme à Londres que Maxim aimât, quelqu'un à qui il écrivît, rendît visite, avec qui il dinât, avec qui il couchât, j'aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n'aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu'on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et maxim ne l'aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais. Rebecca serait toujours la même. Et je ne pouvais pas la combattre. Elle était plus forte que moi."

 

Éditions Le livre de poche
377 pages

Ce roman fait partie du challenge 26 auteurs 26 livres 2011 et du challenge God save the livre.

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09 juillet 2011

Les âmes mortes, de Nicolas GOGOL (1842)

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1820, province russe.

Pavel Ivanovitch Tchitchikov arrive dans un chef lieu de province, accompagné de Sélifane, son cocher, et de Petrouchka son domestique. Il fait la connaissance des notables locaux qui sont immédiatement charmés par son amabilité, son sens des convenances et l'aura de mystère qui l'entoure, et l'introduisent dans la bonne société locale.

L'engouement, voire l'adoration, des habitants pour Tchitchikov ne cesse de croître, jusqu'à ce qu'une étrange rumeur commence à se propager : l'homme passerait son temps libre à arpenter la campagne environnante, tentant de convaincre les hobereaux de lui céder leurs âmes mortes, c'est-à-dire les paysans décédés mais qui figurent encore sur les registres d'état civil et ont donc une existence légale sur le papier, à défaut de dans les faits.

 Les habitants réalisent alors que, derrière le masque de ses bonnes manières, Tchitchikov reste un étranger dont ils ignorent tout et aux motivations troubles.

 

Mes impressions

L'histoire de ce roman est une véritable épopée : inspiré d'une idée lancée par Pouchkine, il a valu à Gogol les foudres de la censure, qui n'a que moyennement apprécié le portrait au vitriol de la société russe du début du 19ème siècle. La version qui parait en 1842 est donc une version expurgée et bien atténuée, mais qui connaît un très grand succès et consacre Gogol comme l'un des plus grand auteur de son temps. Mais Gogol n'est pas entièrement satisfait de son oeuvre et entreprend d'en écrire une suite. Ce qui ne se fait pas sans difficulté : pendant près de 10 ans, Gogol essaie en vain d'accoucher de l'oeuvre dont il rêve. Parallèlement, il sombre dans la dépression et connaît une véritable crise mystique, qui donne à la seconde partie de son roman une tonalité bien différente de la première, bien moins cynique et désabusée. Au final, il meurt sans avoir terminé cette oeuvre, laissant derrière lui une première partie achevée (celle qui a été publiée en 1842 et correspond à la première partie de mon édition) et des fragments de la seconde (qui correspond à la seconde partie de mon édition).

Passés ces éléments de contexte, je vous livre mes impressions. Elles ne concernent que la première partie, la seule qui soit aboutie. Je laisse de côté les fragments qui, objectivement, ne sont pas représentatifs et qui sont d'une tonalité totalement différente de la première partie.

Autant être honnête, c'est avec une immense difficulté que je l'ai lu jusqu'au bout. La difficulté n'avait rien à voir avec le style de Gogol, qui est simple et incisif. Ni avec la complexité de l'intrigue puisque la trame narrative est très simple et redondante. Pour schématiser : Tchitchikov fréquente la bonne société, fait le tour de la petite noblesse des environs, déploie ses talents rhétoriques pour convaincre les hobereaux de lui céder (ou au pire de lui vendre) leurs âmes mortes, fait enregistrer les transactions auprès de l'administration locale. Il n'y a donc pour ainsi dire aucune action et les scènes sont très répétitives. C'est là qu'en ce qui me concerne, le bât blesse : il y avait si peu d'action que je me suis terriblement ennuyée, à chaque page je ne pouvais m'empêcher de regarder combien il en restait pour parvenir à la fin.

Seul, le talent que déploie Gogol pour dresser un portrait au vitriol de tous les protagonistes m'a permis de tenir jusqu'au bout. Personne n'est épargné, que ce soit Tchitchikov, caricature d'arriviste obséquieux, imbu de lui-même, mais d'une intelligence retorse, prêt à toutes les escroqueries pour s'enrichir et gagner la considération des autres. Ou la petite noblesse de province qui est dépeinte sous son plus mauvais jour et en devient emblématique des travers de la Russie (à la fois pingre, apeurée, jouisseuse jusqu'à l'excès, pleine de bons sentiments mais incapable de mener un projet jusqu'à son terme, grossière...). Les  hommes du peuple ne sont pas épargnés : Sélifiane le cocher est présenté comme un ivrogne fini (mais au fond pas mauvais bougre) et Pétrouchka le valet de Tchitchikov est repoussant de saleté et de paresse. Quant aux fonctionnaires, tous sont corrompus et ont comme seul objectif de servir leurs intérêts propres, à défaut de l'intérêt général. La plume de Gogol est acerbe, mordante et souvent très drôle ! Mais le portrait qu'il dresse est si pessimiste, si désespérant (parmi toute la palette de protagoniste, je n'en ai pas trouvé un seul qui soit digne d'admiration ou de sympathie) que, malgré toute la dérision de Gogol, cette lecture m'a miné le moral...

De plus, les apartés de Gogol en direction du lecteur, qui "sortent" complètement du roman et lui permettent d'exposer ses vues sur la censure ou sur le rôle d'un auteur, m'ont quel que peu perturbée. Je les trouve justes et pertinentes mais elles apportent une sorte de cassure à la narration et ralentissent le peu d'action que comporte le roman.

Au final, avis très mitigé. Ce roman est un classique, il a été encensé par la critique, il est dense et profond. Mais sa magie a été sans effet sur moi (je suis quand même relativement satisfaite d'en être venu à bout, vu que cela fait presque 5 ans qu'il m'attendait patiemment sur une étagère).

 

Éditions Gallimard, collection Folio (janvier 2001)
494 pages

 

Ce roman fait partie des challenges Une année en Russie 2011 et 26 livres - 26 auteurs 2011.

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02 juillet 2011

Le poids des secrets tome 2 / Hamaguri, de Aki Shimazaki (2000)

 

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« Deux petits enfants de Tokyo, Yukio et Yukiko, scellent un pacte de fidélité en inscrivant leurs noms à l’intérieur d’une palourde (Hamaguri), comme un serment d’amour éternel. Devenus adolescents, ils se retrouvent à Nagasaki sans se reconnaitre ; les sentiments qui les habitent désormais, qui les troubles profondément, leur seraient ils interdits ?

Aux dernières heures de sa vie, la mère de Yukio cherchera à ouvrir les yeux de son fils en lui remettant ce coquillage sorti du tiroir de l’oubli. »

Mes impressions

Après Tsubaki, je me suis plongée dans Hamaguri avec une certaine inquiétude : la petite mélodie douce amère qui se dégage de Tsubaki et la sobriété du style d’Aki Shimazaki, me toucheront ils également dans ce tome 2 ? Et bien oui !

C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé la plupart des protagonistes de Tsubaki. Le tome 1 m’avait en effet un peu laissée sur ma faim : en le refermant, j’avais regretté d’en savoir si peu sur ce qu’il advient par la suite de la famille Takahashi. Me voilà désormais rassurée sur leur sort (ma plus grosse inquiétude allait vers M. Takahashi, cet homme qui semblait si bon et dont le destin était en suspens depuis son départ vers la Mandchourie).

Ce tome permet en outre de clore la scène finale de Tsubaki et apporte un autre regard sur les évènements qui se sont déroulés dans les années 1940, à Nagasaki. Les événements sont en effet vus à travers le regard de Yukio Takahashi, et non plus de Yukio Horibe. Comme dans Tsubaki, l’histoire du Japon est omniprésente, à travers l’évocation de la colonisation de la Mandchourie et de la guerre, et Shimazaki mêle étroitement destins individuels et histoire d’un pays, tous deux portés par une fatalité qui les dépasse.


Ce roman fait partie du challenge In the mood for Japan.

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Co édition Actes sud - Léméac / Babel (février 2010)
112 pages
Traduction du japonais

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17 juin 2011

Le docteur Jivago, de Boris Pasternak (1957)

4ème de couverture

"Ma charmante, mon inoubliable ! Tant que les creux de mes bras se souviendront de toi, tant que tu seras encore sur mon épaule et sur mes lèvres, je serai avec toi. Je mettrai toutes mes larmes dans quelque chose qui soit digne de toi, et qui reste. J'inscrirai ton souvenir dans des images tendres, tendres, tristes à vous fendre le coeur. Je resterai ici jusqu'à ce que ce soit fait. Et ensuite je partirai moi aussi."

 

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Editions Folio (décembre 2005)
698 pages

 Mes impressions

Ce roman est si dense, si complet, que je serai bien en peine d'en faire un résumé court et cohérent: je pourrais dire que Pasternak nous entraîne à la suite de Youri Jivago, médecin et poète, dans ses histoires d'amour et de guerre. Mais ce serait extrêmement réducteur...

Car ce pavé roman est une immense fresque historique, sociale et sentimentale qui s'étend sur près de 40 ans (elle début aux alentours de la révolution avortée de 1905 et s'achève après la seconde guerre mondiale) et qui dépeint tous les grands sursauts de l'histoire russe (fin du tsarisme, révolutions de 1917, guerre civile, épuration...). Il n'est pas toujours simple d'accès, du fait du style souvent lyrique de Pasternak et de la multitude de protagonistes aux patronymes plus ou moins alambiqués et en constante interaction (il est fréquent que Pasternak présente brièvement un personnage secondaire (Térenti Galouzine par exemple) dont on n'entend plus parler pendant un long moment mais qui ressurgit 300 pages plus loin et qui s'avère alors indispensable à l'intrigue). Mais il mérite néanmoins qu'on s'accroche, ne serait ce que pour ne pas passer à côté de la vision nuancée de Pasternak concernant les révolutions russes et les sursauts de l'histoire qui l'ont suivie, incarnée  par les 4 personnages principaux du roman.

D'un côté, le héros éponyme, Youri Jivago, est une vraie figure humaniste : issue de la riche bourgeoisie russe, il est dans un premier temps un fervent défenseur de la révolution primitive qui marque la renaissance du peuple russe. Mais, confronté à la guerre, au chaos qui s'ensuivent, au durcissement des bolcheviks, il déchante rapidement, se réfugie dans la poésie et résiste à l'endoctrinement et à la pensée unique, conservant vaille que vaille sa liberté intellectuelle.

Face à lui, Strelnikov, le "Saint Just", le révolutionnaire inflexible et presque fanatique absolu, "le fusilleur" à qui la révolution donne les armes nécessaires pour combattre les injustices dont il a été témoin pendant sa jeunesse et purifier la société corrompue qu'il exècre. Étrangement, la droiture de ce personnage, sa volonté inflexible et son idéalisme forcené m'ont beaucoup plus touchée que le personnage de Jivago que j'ai trouvé plutôt velléitaire...

A ces deux conceptions du monde, Pasternak confronte le personnage de Komakorski, l'opportuniste qui louvoie et tire parti de toutes les situations, véritable mauvais génie à l'origine directe ou indirecte des malheurs des autres personnages.

Au milieu de ces trois hommes, on retrouve Larissa, l'incarnation de la femme. Elle est belle, forte et intelligente. Mais elle n'est jamais maitresse de son destin, toute sa vie elle n'est au final qu'un jouet entre les mains des trois hommes qui, pour chacun d'entre eux, l'aime à sa manière mais ne fait qu'involontairement la précipiter vers le malheur.

Au final, j'ai beaucoup aimé cette lecture qui m'a plongée dans une histoire passionnante, faite d'amour, d'espoir et de violence.

Un bémol concernant cette édition : l'une des premières pages du livre, avant même la première ligne du roman, est une liste des personnages. C'est bien pratique pour identifier qui est qui... Sauf que cette liste révèle des éléments clés de l'intrigue. Et cela m'a très très fortement contrariée de découvrir (entre autres) l'identité de Strelnikov avant même d'avoir entamer le roman ! !

 

Ce roman fait partie des challenges 26 auteurs 26 livres 2011, Une année en Russie et du challenge des Nobel (Pasternak a obtenu le prix Nobel de littérature en 1958 mais a été contraint de refuser cette distinction, par crainte de sanctions de l'Union soviétique).

Challenge_ABC_2  LogoUneAnneeEnRussie_2011  Challenge_des_Nobel

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05 juin 2011

La couleur pourpre, de Alice Walker (1984)

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Résumé 4ème de couverture

Le livre raconte l'histoire de Celie et Nettie, deux sœurs, séparées à l'adolescence mais liées par un amour indéfectible que ne terniront pas les brimades et le mépris, les guerres et l'absence. Celie, mariée enfant à un homme violent, ne reçoit pas les lettres que lui adresse Nettie, devenue missionnaire en Afrique, car son mari les subtilise. Ignorant l'adresse de sa sœur, elle-même envoie ses lettres au bon Dieu.

Une correspondance sans espoir de réponse... Une correspondance qui sauvera les deux femmes du désespoir...        

Mes impressions

Autant le dire franchement, si je m'étais écoutée j'aurais abandonné cette lecture à la 60ème page, et cela aurait été vraiment dommage !

 

Je m'explique : je n'ai pas aimé du tout les premières pages du roman, sorte de journal intime de Célie qui écrit des lettres au bon Dieu, à défaut d'autre destinataire possible. Et ces lettres sont à l'image de Célie : la lecture en est parfois assez difficile du fait de la syntaxe et de la tournure grammaticale (Célie écrit comme elle parle).

De plus, ces lettres sont d'un pathos intégral : on a droit à Célie violée puis engrossée par son père dans l'indifférence générale, mariée pour protéger sa sœur à Albert, un homme plus âgé qui cherche davantage une bonne à tout faire qu'une épouse, Célie humiliée y compris dans sa propre maison et... Célie qui trouve normal qu'un homme batte sa femme et... Célie qui ne se rebelle jamais.
Le pire dans cette histoire : je n'ai pas réussi à compatir à ses malheurs. Je n'ai pas été touchée, j'avais plus envie de la secouer que de la plaindre. Et j'ai failli abandonner.

Heureusement, les évènements prennent une autre tournure (et le roman devient vraiment intéressant, riche et touchant) avec l'arrivée dans la vie de Célie de Sofia, son explosive belle-fille (l'un de mes personnages préférés), et de la très indépendante Shug Avery, chanteuse de blues qui aurait pu figurer dans Hell of a woman. Au départ, les relations entre les deux femmes sont plus que tendues. Il faut dire que leurs personnalités sont très différentes et que l'attitude d'Albert ne fait rien pour arranger les choses. Pourtant, inexplicablement, au contact de Shug, Célie va commencer une très lente évolution (le roman s'écoule sur une bonne vingtaine d'années) qui se concrétisera par l'émergence d'une nouvelle Célie, très différente de la petite chose timorée des premières années.

Parallèlement, on suit la vie de Nettie qui part en Afrique en tant que missionnaire. L'approche "développement" personnel de Nettie est beaucoup moins développée que celle de sa sœur (hormis ses doutes face à sa mission et ses relations avec la famille du révérend) et l'évolution de la personnalité de la jeune femme est nettement moins spectaculaire que celle de sa sœur. Les lettres de Nettie retracent davantage la vie au sein du village Olinka, les ravages de la colonisation et dressent un parallèle entre la condition des anciens esclaves et celle des nouveaux colonisés, tous étant l'objet d'indifférence, voire de mépris, de la part de l'homme blanc. J'ai beaucoup apprécié les écrits de Nettie que j'ai trouvé à la fois instructifs à travers la description du mode de vie des africains du village, et touchants grâce aux interactions au sein de la  famille du révérend.

Les deux récits finissent par se croiser à la fin du roman, dans une conclusion pleine d'émotion, de sagesse et d'humanité.

A noter : que l'action se déroule du côté de Célie ou de Nettie, Alice Walker fustige la société patriarcale et raciste qui confine la femme à un rôle purement domestique et la soumet à l'autorité des hommes et des blancs.

 Au final, je ne regrette absolument pas d'avoir continué ma lecture et j'ai beaucoup aimé ce roman très fort et  surtout très humain.

 

Editions Robert Laffont (mars 2008)
344 pages
traduit de l'américain par Mimi Perrin

J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge épistolaire.

challenge__pistolaire

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31 mai 2011

Le retour du roi, de J. R. R. Tolkien (1955)

4ème de couverture

"Avec Le Retour du Roi s'achèvent dans un fracas d'apocalypse les derniers combats de la guerre de l'Anneau. Tandis que le continent se couvre de ténèbres, annonçant pour le peuple des Hobbits l'aube d'une ère nouvelle, Frodon poursuit son entreprise. Alors qu'il n'a pu franchir la Porte Noire, il se demande comment atteindre le Mont du Destin. Peut-être est-il trop tard : le Seigneur des Ténèbres mobilise ses troupes. Les Rohirrim n'ont plus le temps d'en finir avec le traître assiégé dans l'imprenable tour d'Orthanc; ils doivent se rassembler pour faire face à l'ennemi. Tentant une fois de plus sa chance, Frodon passe par le Haut Col, où il sera livré à l'abominable Arachné. Survivra-t-il à son dangereux périple à travers le Pays Noir ?"

le_retour_du_roiEditions Pocket (novembre 2003)
570 pages
Traduction de l'anglais par F. Ledoux

 

Mes impressions

Et voilà, ça y est, avec ce tome se terminent le combat entre Sauron et les peuples libres de la Terre du milieu, et la quête désespérée du vaillant Frodon et de son fidèle compagnon Sam Gamegie. J'aurais voulu écrire que j'ai été aussi enthousiasmée par ce dernier tome que je l'ai été par Les deux tours, qui avait été un ENORME coup de coeur. Malheureusement, mon avis est plus mitigé.

Ce tome suit globalement la même trame narrative que le tome 2 : d'un côté, les membres de la communauté mènent un combat farouche contre les forces du seigneur ténébreux, de l'autre Sam et Frodon tentent de mener à bien la lourde tache qui leur a été confiée.  Et autant la première partie a été un véritable enchantement, autant l'avancée de Sam et Frodon jusqu'à la montagne du destin m'a beaucoup moins plu.

Je m'explique : le livre V est porté par une telle force narrative, une telle tension, tant de rebondissements et permet à tant de personnages de révéler leur courage et leur grandeur, que la seconde partie m'a parue bien terne. J'ai aimé l'évolution de certains personnages : Merry et Pippin gagnent en maturité et trouvent enfin l'occasion de montrer leur valeur, Aragorn se révèle être non seulement un meneur d'homme et un chef de guerre, mais également un roi juste et bon. Et Eowyn, que dire d'elle, si ce n'est : wahou, quelle merveilleuse héroïne ! Il y a peu de figures féminines dans le seigneur des anneaux mais, à elle seule, elle rattrape les faiblesses de toutes les autres (parce que, franchement, j'admets que Galadriel fait avancer l'intrigue, mais je n'ai toujours pas compris l'intérêt d'Arwen dans cette histoire, à part tisser et broder un étendard pendant près de 30 ans!!). Et surtout, certains passages, notamment la charge héroïque des Rohirrim lors de la bataille des champs du Pelennor, m'ont carrément donnés la chair de poule (sans exagération !).

"Derrière Théoden, son étendard flottait au vent: un cheval blanc sur champ vert; mais il le distanciait. Derrière lui, les cavaliers de sa maison galopaient dans un bruit de tonnerre, mais il était toujours en avant. Eomer chevauchait là, la queue de cheval de son casque flottant avec la vitesse, et le front de la première eored mugissait comme les flots déferlant sur la grève; mais Théoden ne pouvait être gagné de vitesse. Il paraissait être emporté par la folie, ou la fureur de bataille de ses pères courait comme un nouveau feu dans ses veines [...] Son bouclier d'or, découvert, brillait telle une image du soleil, et l'herbe flamboyait de vert autour des pieds blancs de son coursier. Car le matin se levait, le matin et un vent venu de la mer; les ténèbres se dispersèrent; les hommes de Mordor gémirent et la terreur s'empara d'eux; ils s'enfuirent et moururent, et les sabots de la colère passèrent sur eux. Alors, toute l'armée de Rohan éclata en chants; les hommes chantaient tout en massacrant, car la joie de la bataille était en eux, et le son de leur chant, qui était beau et terrible, parvint jusqu'à la Cité."

En revanche, j'ai trouvé les 4 premiers chapitres du livre VI longs, lents et répétitifs. Je comprends bien que cette lenteur est destinée à souligner les épreuves traversées par les deux hobbits, mais malgré tout, je les ai trouvés très pesants et limite ennuyeux .

Heureusement, les retrouvailles finales entre les membres de la communauté m'ont réconciliée avec ce roman ! Une conclusion cohérente avec l'ensemble des 3 tomes est apportée à chaque personnage, même mineur. Et après des pages et des pages de violence et de combat, une belle histoire d'amour finit même par naître (et là encore, je ne fais pas référence à Arwen).

 

Mon avis partiellement mitigé sur ce tome ne remet néanmoins pas en question mon appréciation générale sur la trilogie, dont la lecture a été un voyage dans un monde magique, un moment de bonheur (un comble pour quelqu'un qui n'apprécie pas vraiment la littérature fantastique). Je ne regrette pas du tout d'avoir englouti ce "monstre" de près de 1500 pages qui m'a tout autant plu que le film éponyme (mais pour des raisons différentes). Et qui m'a permis de constater que, bien que le film soit globalement fidèle à l'œuvre de Tolkien, il n'en inflige pas moins un "mauvais traitement" à certains protagonistes (notamment Faramir, qui me fait tomber en pâmoison sous la plume de Tolkien alors que je l'ai trouvé plutôt fadasse devant la caméra de Peter Jackson).

Je clos ainsi mon Middle Earth challenge, entamé avec Bilbo le Hobbit, La communauté de l'anneau et Les deux tours.

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Ce livre a été lu en commun avec Taliesin, Snow, Amethyst, mypianocanta et ptitelfe. Il fait aussi partie du challenge SFFF.


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