la_couleur_pourpre

Résumé 4ème de couverture

Le livre raconte l'histoire de Celie et Nettie, deux sœurs, séparées à l'adolescence mais liées par un amour indéfectible que ne terniront pas les brimades et le mépris, les guerres et l'absence. Celie, mariée enfant à un homme violent, ne reçoit pas les lettres que lui adresse Nettie, devenue missionnaire en Afrique, car son mari les subtilise. Ignorant l'adresse de sa sœur, elle-même envoie ses lettres au bon Dieu.

Une correspondance sans espoir de réponse... Une correspondance qui sauvera les deux femmes du désespoir...        

Mes impressions

Autant le dire franchement, si je m'étais écoutée j'aurais abandonné cette lecture à la 60ème page, et cela aurait été vraiment dommage !

 

Je m'explique : je n'ai pas aimé du tout les premières pages du roman, sorte de journal intime de Célie qui écrit des lettres au bon Dieu, à défaut d'autre destinataire possible. Et ces lettres sont à l'image de Célie : la lecture en est parfois assez difficile du fait de la syntaxe et de la tournure grammaticale (Célie écrit comme elle parle).

De plus, ces lettres sont d'un pathos intégral : on a droit à Célie violée puis engrossée par son père dans l'indifférence générale, mariée pour protéger sa sœur à Albert, un homme plus âgé qui cherche davantage une bonne à tout faire qu'une épouse, Célie humiliée y compris dans sa propre maison et... Célie qui trouve normal qu'un homme batte sa femme et... Célie qui ne se rebelle jamais.
Le pire dans cette histoire : je n'ai pas réussi à compatir à ses malheurs. Je n'ai pas été touchée, j'avais plus envie de la secouer que de la plaindre. Et j'ai failli abandonner.

Heureusement, les évènements prennent une autre tournure (et le roman devient vraiment intéressant, riche et touchant) avec l'arrivée dans la vie de Célie de Sofia, son explosive belle-fille (l'un de mes personnages préférés), et de la très indépendante Shug Avery, chanteuse de blues qui aurait pu figurer dans Hell of a woman. Au départ, les relations entre les deux femmes sont plus que tendues. Il faut dire que leurs personnalités sont très différentes et que l'attitude d'Albert ne fait rien pour arranger les choses. Pourtant, inexplicablement, au contact de Shug, Célie va commencer une très lente évolution (le roman s'écoule sur une bonne vingtaine d'années) qui se concrétisera par l'émergence d'une nouvelle Célie, très différente de la petite chose timorée des premières années.

Parallèlement, on suit la vie de Nettie qui part en Afrique en tant que missionnaire. L'approche "développement" personnel de Nettie est beaucoup moins développée que celle de sa sœur (hormis ses doutes face à sa mission et ses relations avec la famille du révérend) et l'évolution de la personnalité de la jeune femme est nettement moins spectaculaire que celle de sa sœur. Les lettres de Nettie retracent davantage la vie au sein du village Olinka, les ravages de la colonisation et dressent un parallèle entre la condition des anciens esclaves et celle des nouveaux colonisés, tous étant l'objet d'indifférence, voire de mépris, de la part de l'homme blanc. J'ai beaucoup apprécié les écrits de Nettie que j'ai trouvé à la fois instructifs à travers la description du mode de vie des africains du village, et touchants grâce aux interactions au sein de la  famille du révérend.

Les deux récits finissent par se croiser à la fin du roman, dans une conclusion pleine d'émotion, de sagesse et d'humanité.

A noter : que l'action se déroule du côté de Célie ou de Nettie, Alice Walker fustige la société patriarcale et raciste qui confine la femme à un rôle purement domestique et la soumet à l'autorité des hommes et des blancs.

 Au final, je ne regrette absolument pas d'avoir continué ma lecture et j'ai beaucoup aimé ce roman très fort et  surtout très humain.

 

Editions Robert Laffont (mars 2008)
344 pages
traduit de l'américain par Mimi Perrin

J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge épistolaire.

challenge__pistolaire