r_becca Résumé

La jeune narratrice (dont d'ailleurs nous ne connaitrons jamais le nom) est dame de compagnie pour Mme Van Hopper, riche américaine en villégiature à Monte-Carlo. Pauvre, dotée d'une très faible estime d'elle-même, la jeune femme est fort surprise lorsqu'elle arrive involontairement à susciter l'intérêt du séduisant et riche, mais changeant, Maximilien de Winter. Des liens d'amitié se nouent entre eux et Maxim demande rapidement la main de la narratrice. Malgré les réserves perfidement émises par Mme Van Hopper quant aux écueils d'un tel mariage, et notamment le récent veuvage de Maxim suite à la noyade de sa première épouse, la jeune femme accepte et les jeunes mariés partent s'établir à Manderley, la propriété de Maxim en bord de mer.

La jeune femme peine à prendre ses marques dans la superbe demeure dont elle ne connaît pas les habitudes : elle n'est pas à l'aise, commet maladresse sur maladresse et, dès les premiers jours, craint de ne pas être à la hauteur de l'éclat de Manderley. De plus, elle se heurte à l'hostilité de Mme Danvers, la gouvernante. Sa maladresse et son malaise vont crescendo lorsqu'elle réalise que la demeure, mais également l'esprit des domestiques et des voisins sont encore marqués par l'empreinte laissée par la belle, talentueuse, brillante et parfaite Rebecca, défunte femme de Maxim. La timide narratrice se sent peu à peu écrasée par l'ombre de la défunte, avec qui elle sait ne pas pouvoir rivaliser, et finit par se persuader que son mari est toujours amoureux d'elle.

Les liens entre les jeunes mariés en viennent à se distendre, au point que la narratrice envisage de quitter Manderley et son époux. Mais un évènement soudain va lui faire changer d'avis.

 Mes impressions

Une agréable lecture, avec une bonne dose de suspens et de parodies. Malgré son résumé très "roman à l'eau de rose", ne vous y trompez pas, ce roman est en fait une parfaite parodie de ce genre littéraire : ici, pas de beau couple qui surmonte tous les obstacles pour finir ses jours dans la paix et la félicité : des obstacles à surmonter, il y en a effectivement un grand nombre, mais la fin est loin d'être heureuse. A travers les difficultés rencontrées, la jeune narratrice timide et gauche laisse finalement place à une jeune femme résolue et forte. Mais à quel prix ? Au prix de son innocence et de sa candeur... Elle grandit et s'affirme mais découvre par là-même la noirceur du monde.

Car le propos de ce roman, derrière la façade du bon goût et de la respectabilité, est vraiment très sombre: les plus bas instincts humains y sont décrits (avec classe et mesure, soit) et l'on découvre que les apparences peuvent parfois être trompeuses. Daphné du Maurier en profite pour dresser une subtile galerie de portraits, de la flamboyante Rebecca à la timide narratrice, en passant par la haineuse mais au fond malheureuse Mme Danvers.

Ce roman comporte également beaucoup de suspens, qui est mis en place dès les premières pages (d'où vient donc l'humeur changeante de Maxim ? Pourquoi s'est-il entiché d'une jeune femme d'un milieu social si différent du sien ?) et qui maintient l'attention du lecteur jusqu'à la dernière page.

"S'il y avait une femme à Londres que Maxim aimât, quelqu'un à qui il écrivît, rendît visite, avec qui il dinât, avec qui il couchât, j'aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n'aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu'on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et maxim ne l'aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais. Rebecca serait toujours la même. Et je ne pouvais pas la combattre. Elle était plus forte que moi."

 

Éditions Le livre de poche
377 pages

Ce roman fait partie du challenge 26 auteurs 26 livres 2011 et du challenge God save the livre.

64203464_p

Challenge_anglais