Résumé 4ème de couverture

"Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre, Juliet, jeune écrivain cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand : le "Cercle littéraire des amateurs d'éplucheurs de patates". De lettres en lettres, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour d'humanité. Et puis le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey..."

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Editions NiL (mars 2009)
391 pages
Traduction de l'américain par Aline Azoulay

Mes impressions

Difficile d'avoir un avis tranché sur ce roman. Je lui ai trouvé un certain nombre de faiblesses, mais malgré tout je l'ai lu d'une traite et je l'ai refermé presque à regret.

Qu'est ce que je n'ai pas aimé ? Pas mal de choses en fait...

Tout d'abord, le nombre impressionnant de personnages (dont certains n'apportent pas grand chose à l'intrigue), ajouté au style épistolaire du roman, complexifie un peu la lecture. Par moment, j'avais un peu de mal pour déterminer qui était qui. De plus, je n'ai que moyennement apprécié la personnalité trop caricaturale des principaux protagonistes : on a donc la jeune journaliste solaire et pétillante, le fermier bourru et taciturne, l'héroïne au grand cœur, la voisine complètement fofolle... Mais surtout leur personnalité n'évolue pour ainsi dire pas, si l'on excepte Juliet qui finit enfin par savoir ce qu'elle veut après avoir infligé au lecteur 400 pages de tergiversations amoureuses. Je n'ai pas aimé du tout cet aspect du roman, que j'ai trouvé plat et mièvre (d'autant plus qu'on devine dès le départ l'issue du triangle amoureux).

Enfin, le mélange des genres entre les mièvres histoires sentimentales de Juliet et l'évocation de l'occupation de Guernesey par les troupes allemandes m'a fortement perturbée. Au début, j'ai eu du mal à concevoir qu'un roman au ton si léger puisse aborder le thème hyper sérieux de la seconde guerre mondiale. Pour moi, la deuxième guerre, c'était avant tout Jorge Semprun, Primo Levi, Anne Frank... Que des œuvres qui ne prêtent pas vraiment à rire.

 Mais malgré tout, au fil des pages, j'ai fini par me laisser prendre par le roman. Les personnages sont caricaturaux, mais tellement hauts en couleur que j'en suis venue à les apprécier. Comment ne pas fondre devant des êtres simples, peu enclins à se plonger dans un livre, qui découvrent par hasard le bonheur de lire un livre ? Comme John Booker, simple majordome qui ne lit que les œuvres de Sénèque car il a l'impression que ses réflexions profondes et mordantes ne s'adressent qu'à lui. Comme Isola, si loufoque, qui rêve à Catherine, Heathcliff, Elizabeth Bennet et Mr Darcy.

Mais surtout il y a tant d'humour, de cocasseries et de tendresse qui se dégagent de ce roman qu'il est très difficile de rester insensible à son charme. Et cet humour, loin de banaliser la dureté de la vie à Guernesey pendant l'occupation allemande, souligne au contraire les évènements tragiques qui s'y sont déroulés et renforce leur absurdité.

 Ce roman n'est donc pas un coup de cœur pour moi et je ne le qualifierais certainement pas de chef d'œuvre comme j'ai pu le lire ici ou là. Néanmoins, cette lecture a été un moment de plaisir, de détente et de légèreté, pas totalement dénué d'une pointe de réflexion et d'émotion, qui donne envie d'éteindre son portable, de déconnecter sa boite mail et de reprendre sa plume pour écrire à ceux qu'on aime. Mais j'avoue que, dans le style "roman sur la seconde guerre mondiale qui mêle réflexion et humour", ma préférence va largement à La voleuse de livres de Markus Zusak.


"C'est ce que j'aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de manière géométrique, à l'infini, et c'est du plaisir pur."

"Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal."

"Comme le dit Sénèque : "Les petits maux sont loquaces, mais les grandes peines sont muettes".

"Les hommes sont plus intéressants dans les livres qu'ils ne le sont en réalité."

 

Pour voir l'avis des autres livraddictiens qui l'ont lu : ASK, Bookaholic, Léo Elfique, isa1977, furby71, nane42Azilys, mamzellebulle, rozetta, Daenerys, Felina, Plumeline, Pikachu, Lenelaï, Morgouille, Korto, Ollie, Toons, Mabiblio1988, Kik et Yogi.  

 

Ce roman fait partie du challenge 26 livres 26 auteurs 2011 et du challenge épistolaire.

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