4ème de couverture

"Cameroun. Chaleur humide, ciel hypnotique. Dans le bidonville où elle a grandi, abandonnée par sa mère, Ateba cherche avec désespoir sa place dans une société où la femme n'a qu'un droit : se taire. Écartelée entre plusieurs sentiments contraires, la jeune fille, le ventre en feu, la haine au cœur, est certaine qu'elle peut devenir un jour la plus forte. Incapable de se résoudre à concilier sexe et asservissement, elle refuse de passer sa vie à genoux."

C_est_le_soleil_qui_m_a_brul_e___couverture

Éditions J'ai Lu
153 pages

Mes impressions

Le résumé de la quatrième de couverture me plait bien et le sujet de ce roman, la difficulté pour une jeune femme africaine de trouver sa place, est intéressant.

J'ai été frappée par la violence de la vie d'Ateba.  Elle avance sans repère,  dans l'insécurité affective la plus complète, dans une société où la place des femmes est dictée par les hommes. La femme est soit respectable et donc épousable, soit mariée soumise et respectée, soit prostituée. Aucune autre alternative...
Et c'est justement cette difficulté de trouver sa place qui emplit Ateba de haine (contre elle-même, contre les hommes qui veulent uniquement faire d'elle leur objet et la soumettre à leurs désirs) et qui risque à tout moment de la faire basculer de la sagesse vers la folie. La vie tragique qui l'attend si elle leur cède est illustrée par la vie de sa mère Betty, d'Irène qui erre de bras en bras et de tant d'autres femmes du bidonville...

"Être lucide d'après toi, c'est quoi ? Faire comme les cathos peut-être ? Je devrais sans doute m'excuser d'être femme, dire toujours oui à tes ordres et merci quand tu me frappes. Tu veux que je te dise ? Tu représentes pour moi, femme, tout ce que j'exècre chez l'homme, ce mélange d'arrogance et de vanité absurde, de sérieux et d'inanité chaotique, tout ce que je vomis."

Mais le problème est que j'ai eu beaucoup de difficultés à "entrer" dans ce roman, notamment en raison du style assez particulier, très cru et peu accessible de Calixthe Beyala. De plus, les passages de narration à la première personne du singulier m'ont un peu perturbée (qui est donc ce narrateur "moi que nul ne voulait jamais écouter, moi la bête à jamais cachée dans la grotte des pensées à naître" ? la conscience, la pensée d'Ateba ?)  J'avoue, je n'ai pas toujours compris où l'auteur voulait en venir, et après 50 pages d'analyses de texte dignes des commentaires composés de mes années lycée, j'ai lâché prise. Et je suis certainement passée à côté de certains aspects du roman...

"Soudain, Ateba relève la tête et le regarde. Moi, je savais que tout se déroulerait conformément aux prévisions des astres, qui connaissaient l'origine de la femme et la provenance de l'homme. Je savais qu'elle lèverait la tête et clamerait son désir de parler, afin que les mots obscurs dans leur clarté deviennent lumière dans les ténèbres. Je savais qu'elle voulait parler afin que l'homme se découvre dans la forme limité de ses vérités. Je guidais son souffle, je guidais ses lèvres... C'était mon rôle."

Au final, ce roman ne m'a pas emballée outre mesure... Dommage...

 Ce roman fait partie du challenge Safari littéraire.

afrique