_le_parfum___suskind4ème de couverture :

"Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance, furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien.

Or ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un  don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens  les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car " qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes ".

C'est son histoire, abominable.. et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman qui, dès sa parution, eut un succès extraordinaire et est devenu très vite un best-seller mondial."

Qu'est ce que j'en ai pensé ?

Un roman surprenant et original, très olfactif, mais trop inégal à mon goût.

J'ai été enchantée par la profusion des odeurs, qu'elles soient nauséabondes, capiteuses et entêtantes ou légères et subtiles, senties par le nez extraordinaire de Jean-Baptiste Grenouille et qui dépeignent parfaitement la crasse parisienne, la richesse de l'atelier du parfumeur Baldini, ou la nature brute de l'Auvergne et la douceur de la Provence.
J'ai aimé détester la noirceur et les ambiguïtés de la personnalité de Jean-Baptiste Grenouille (son insensibilité pathologique et sa sécheresse d'âme et de cœur,  sa solitude, sa haine des hommes alliée son désir d'être aimé d'eux, sa folle ambition et son orgueil démesuré...).
J'ai pris plaisir à la lecture de la première partie (la naissance et l'enfance misérables de Grenouille, le premier meurtre impulsif et gratuit, l'apprentissage chez Baldini, le départ de Paris) et de la dernière partie (l'arrivée à Grasse, la rencontre avec la jeune Laure dont le parfum envoutant fait naître en Grenouille le désir de créer un parfum unique en son genre, les meurtres...).

En revanche, j'ai été nettement moins emballée par la seconde partie du roman : elle traîne vraiment en longueur et je n'ai pas trouvé d'intérêt particulier dans la description des 7 années d'enfermement volontaire au fin fond d'une caverne auvergnate, si ce n'est la compréhension par Jean-Baptiste que ce qui le rend invisible aux yeux des autres n'est ni son aspect physique, ni sa sècheresse de cœur, mais son absence d'odeur.
De même, je n'ai pas été convaincue par la fin du roman, que j'ai trouvée excessive et en total décalage avec la personnalité de Grenouille.

Extraits :

"Lui, Jean-Baptiste Grenouille, né sans odeur à l'endroit le plus puant du monde, issu de l'ordure, de la crotte et de la pourriture, lui qui avait poussé sans amour et vécu sans la chaleur d'une âme humaine, uniquement à force de révolte et de dégoût, petit, bossu, boiteux, laid, tenu à l'écart, abominable à l'intérieur comme à l'extérieur : il était parvenu à se rendre aimable aux yeux du monde. Se rendre aimable était trop peu dire ! Il était aimé ! Vénéré ! Adoré ! Il avait accompli cet acte prométhéen. [...] Il était de fait son propre dieu, et un dieu plus glorieux que ce dieu puant l'encens qui habitait les églises."

 

Ce roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2006 :

Le_parfum_affiche

 

Ce roman a été lu dans le cadre du Serial killer's challenge organisé par Alcapone. Challenge dont l'objectif (lire avant fin 2010 deux livres concernant des tueurs en série) est donc atteint (ma première lecture étant Le brouillard rouge de Paul Halter).

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