le_chuchoteurRésumé

L’équipe du criminologue Goran Gavila est appelée par les forces de police qui viennent de faire une découverte macabre : le bras gauche de 5 enfants a été déterré dans les bois. Les policiers font immédiatement le lien avec la disparition récente, et non encore élucidée, de 5 petites filles. Mais l’affaire prend une tournure très différente lorsqu’ils trouvent un sixième bras, et que le médecin légiste conclut que, à la différence des 5 premières victimes, la 6ème est sans doute encore vivante.

A l’autre bout du pays, l’inspecteur Mila Vasquez est sur les traces d’un kidnappeur d’enfants et réussit à sauver in extremis ses deux victimes. Experte en affaires d’enlèvement, elle est appelée en renfort par l’équipe de Gavila, afin de retrouver la 6ème fillette. Deux enquêtes vont donc s’entremêler : la traque du tueur en série surnommé Albert par l’équipe de Gavila, et la recherche de la 6ème fillette par Mila.

L’enquête avance mais Gavila est perplexe : aucun des suspects ne correspond au profil d’Albert, chaque avancée dans l’enquête met en lumière d’autres crimes sans lien apparent avec le meurtre des fillettes et l’équipe découvre qu’elle est en fait manipulée par Albert qui joue avec les peurs de ses membres, leurs failles et leurs doutes…

 

Mes impressions

Excellent thriller !

Les protagonistes sont fascinants, à commencer par Mila et Goran. Au premier abord, ils sont présentés comme des personnages très différents. Mila l’écorchée vive, ébranlée par les horreurs dont elle a été le témoin, qui met un point d’honneur à sauver coute que coute chaque victime et qui n’hésite pas à marquer dans sa chair ses échecs, mêle force physique et résolution, mais agit parfois avec inconscience et semble quand même assez fragile psychologiquement ("Elle avait appris à se créer une « bulle de survie », une portion d'espace ou ne pouvait entrer que ce qu'elle décidait, y compris les bruits et les sons, ainsi que les commentaires de ceux avec qui elle gardait ses distances"). Goran, quant à lui, est davantage la tête pensante de l’équipe, le roc, le mentor sur qui les membres de l’équipe s’appuient. Mais une relation faite de respect et d’une certaine complicité va se nouer entre eux et révéler leurs très nombreux points communs. Ils marchent perpétuellement sur une corde raide, et c’est à se demander lequel des deux la franchira le premier. Ma surprise a été grande lorsque les masques sont finalement tombés et que leurs vraies natures ont été révélées.

L’enquête en elle-même est pleine de suspens et rebondissements : « Albert » a dressé un jeu de piste macabre qui fait passer l’équipe de Goran du rôle de chasseur à celui de proie, et même les esprits les plus brillants sont bien en peine pour dénouer la pelote emmêlée qui les mènera jusqu’à la 6ème victime. Et les choses se compliquent encore lorsque les enquêteurs réalisent que l’un(e) d’entre eux n’est pas tout à fait innocent… Bref, l’intrigue est un peu alambiquée mais reste crédible. Et la résolution finale est une vraie surprise !

Pour finir, je ne dirai qu’une chose : lisez-le à votre tour ! 

 

"L'instinct de tuer est en chacun de nous. Mais grâce au ciel, nous sommes aussi dotés d'un dispositif qui nous permet de le garder sous contrôle, de l'inhiber. Cependant, il existe toujours un point de rupture."

"Mila pensait que chacun de nous a un chemin. Un chemin qui nous mène chez nous, vers nos proches, les gens à qui nous sommes les plus liés. D’habitude, c’est toujours le même chemin, on l’apprend dès l’enfance et on le suit pour la vie. Mais il arrive que ce chemin se brise, qu’il reprenne ailleurs. Ou bien, après avoir suivi un parcours sinueux, il revient au point de rupture. Ou encore, il reste comme suspendu.
Mais parfois il se perd dans l’obscurité.
Mila savait que plus de la moitié des gens qui disparaissent reviennent et racontent une histoire. Certains n’ont rien à raconter, ils reprennent leur vie d’avant. D’autres ont moins de chance, il ne reste d’eux qu’un corps muet. Et puis, il y a ceux dont on ne saura jamais rien.
Parmi ceux-là, il y a toujours un enfant."

440 pages
Editeur : Calmann-Lévy (5 mai 2010)