Résumé

Après 10 ans de mariage et 2 enfants, Agathe Portal découvre par hasard que son mari Jérome la trompe sans vergogne. Elle décide de mener une enquête au cours de laquelle elle réalise qu'elle connaît bien mal Jérome et que celui-ci ne l'aime pas vraiment. Après moultes hésitations, elle décide de le quitter et entame une procédure de divorce. Elle sera longue, haineuse et douloureuse, et n'épargnera personne, ni le "couple", ni les enfants, ni leurs proches.

 

Une_affaire_conjugale

Mes impressions

Les adjectifs qui me viennent à l'esprit lorsque je pense à ce livre sont : pesant, profondément déprimant, caricatural. Le propos du roman n'est pas particulièrement réjouissant (en substance : on ne connaît vraiment son conjoint que dans le divorce) mais le style et le parti pris d'Eliette Abécassis n'arrangent rien. Le style est assez lourd, avec beaucoup de redondances et des explications sans fin qui alourdissent la lecture (qui ignore encore ce qu'est Facebook ?) De plus, l'auteur présente des personnages très manichéens: Jérome est un pervers narcissique et manipulateur sans nuance, les enfants ne sont vus qu'à travers les déchirements de leurs parents, Agathe est tellement dépeinte comme une pauvre victime innocente qu'elle en devient parfois agaçante. Enfin, certaines prises de position de l'auteur m'ont heurté, et notamment sa conviction que seule une mère est apte à élever ses enfants ou que la technologie est le tombeau du mariage.

Pourtant, un certain nombre d'éléments a éveillé mon intérêt : j'ai trouvé que l'analogie entre divorce et PME était bien illustrée par la myriade de professionnels qui gravitent autour de Jérôme et Agathe (les avocats, juges, psychologues, comptables, détectives privés...), j'ai été touchée par la détresse d'Agathe losqu'elle réalise que certains de ses proches prennent le parti de son mari, j'ai apprécié sa supercherie lorsqu'elle utilise Facebook pour apprendre à mieux connaître Jérome.

Mais malgré ces points positifs, ce roman reste une déception pour moi.

 

Extrait

"Pour bien faire, il faudrait commencer par divorcer. Et se marier ensuite. On ne connaît pas un homme dans le mariage. On ne connaît pas son conjoint lorsqu’on lui fait l’amour. On ne le connaît pas non plus lorsqu’on lui fait un enfant. Tout cela nous égare vers des chemins qui ne sont pas ceux de la connaissance mais ceux de la vie. Non. La seule façon de connaître vraiment son conjoint, c’est le divorce. Là, on prend la pleine mesure de sa qualité humaine, morale, psychologique. On a accès à l’essence. Avant, je croyais connaître mon mari. Je pensais qu’il était la personne la plus proche de moi. J’étais sûre qu’il m’aimait. Que nous avions construit ensemble une maison, un foyer, une famille. J’ignorais que je ne voyais que la partie non immergée de l’iceberg. Je n’ai découvert la vérité sur lui que pendant l’année du divorce, année durant laquelle j’en ai appris beaucoup plus à son sujet qu’au cours des dix ans de vie commune."


Éditions Albin Michel (août 2010)
336 pages