4ème de couverture

Les lettres réunies dans ce recueil ont été adressées par le lieutenant de Reinach à sa famille pendant les six années qu'il a passées en Indochine.
Écrites au jour le jour, sans aucune recherche de style, elles n'étaient pas destinées à être rendues publiques.
On y trouvera, à côté de descriptions simples, mais sincères du pays, les difficultés de la vie coloniale où l'officier et l'administrateur doivent, de leur propre initiative, suppléer à l'insuffisance des moyens dont ils disposent.
On y verra le lieutenant de Reinach faisant, tour à tour, œuvre de militaire, d'explorateur, de juge, d'ingénieur, voire même de vaccinateur.

Lettres_d_indochine

 

Mes impressions

 Quand j'ai lu la quatrième de couverture de ce livre, j'ai été emballée : un livre historique concernant l'Indochine à l'époque du début de la colonisation, écrit pas un officier qui découvre ce pays pour la première fois et qui se trouve confronté aux difficultés de sa mission...

Au final, en refermant ce livre, j’avoue cependant une légère déception. Cette lecture a été très instructive. Elle fait voyager le lecteur à travers la vaste Indochine, lui fait arpenter les sentiers perdus qu’à parcouru Lucien de Reinach, le confronte à la bureaucratie coloniale digne de l’administration parisienne, l’éclaire sur les grands travaux entrepris par la France pour développer les infrastructures, notamment routières, du pays et lui apporte un certain nombre d’informations concernant le caractère assez spartiate de la vie de l’auteur.

En revanche, malgré le caractère très instructif de ce livre, j’ai trouvé qu’il ne se dégageait pas d’émotion particulière du propos de l’auteur. Je m’explique : il est factuel dans ses descriptions et la compilation de ses lettres livre une sorte de journal de bord, avec le détail de son voyage (comment il est allé d’un point A à un point B, où il a dormi, qui il a rencontré…), mais il n’aborde que très peu sa rencontre avec les autochtones et n’apporte quasiment aucune information concernant leur mode de vie, leur traditions, leurs cultures… Comme si le lieu où il se trouvait, avec ses spécificités, sa culture ancestrale et ses beautés n’avaient pas d’importance particulière. L'auteur lui-même ne semble aimer ni cet endroit où il a pourtant passé 6 ans de sa vie, ni les gens qu'il y a croisés alors, par conséquent, comment pourrait il transmettre une émotion au lecteur ?

"J'ai reçu des lettres de France me demandant des notes sur ce que je vois. Quelles notes prendre sur un pays où il n'y a rien ? Pour arriver jusqu'ici, où le paysage n'est pas joli, mais moins laid qu'ailleurs, il faut faire 600 kilomètres en remontant le fleuve depuis son embouchure. Dès qu'on suitte le Mékong, plus de villages ; rien que de la forêt et de la brousse. Cela est si vrai qu'il est très difficile de marcher vers un endroit que l'on s'est désigné d'avance? J'ai été absent 6 jours ; je n'ai jamais pu voir le point vers lequel je me suis dirigé, et j'ai trouvé 4 villages dont 2 n'avaient que 4 maisons, et quelles maisons ?

Voilà le joli pays. A mille lieues de France, on se figure que tout se qui se trouve à une distance aussi considérable que celle d'où j'écris est beau, splendide et merveilleux à voir. Eh bien ! En dehors de Ban-Muong même, avec son fleuve et ses montagnes bleues, rien de ce que j'ai paerçu jusqu'à présent ne mérite seulement qu'on lève la tête pour le regarder."

 

 J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat entre Les éditions Dubuisson et Blog O Book, et je les remercie chaleureusement.