rose_madder

 La vie de Rosie est un véritable enfer. Depuis 14 ans, elles est mariée avec Norman Daniels, policier sadique et irascible dont le passe-temps favori est, entre autres, de la frapper sauvagement. Un jour, inexplicablement, la jeune femme timorée trouve le courage de fuir son bourreau. Elle abandonne sa maison et disparait au loin, partagée entre la peur de l'avenir, l'espoir d'une nouvelle vie et la terreur d'être retrouvée (et massacrée) par Norman.

Elle trouve de l'aide dans un foyer pour femmes battues. Un jour, chez un brocanteur, elle a un coup de cœur pour un tableau ancien représentant Rose Madder, la femme au chiton rose garance, qui va prendre une place grandissante dans sa vie et influencer son cours. Petit à petit, Rose parvient à retrouver sa dignité et à reprendre  sa vie en main : elle se fait des amies, trouve un emploi intéressant, rencontre un jeune homme attentionné...

Mais c'est compté sans Norman qui est bien décidé à retrouver sa femme et à lui faire payer sa fuite...

 

Mes impressions

Autant le dire franchement, j'ai beaucoup apprécié la première partie du roman, mais la seconde, à partir du basculement de Rosie dans le monde onirique et symbolique de Rose Madder, m'a moins convaincue.

Je m'explique : la première partie, pleine de réalisme et d'émotion, est passionnante. Elle dépeint la fuite de Rosie et le lent cheminement intérieur qui permet à cette femme fragile et terrorisée de trouver la force nécessaire pour reprendre possession d'elle-même et de sa vie. Rose est particulièrement attachante et c'est avec un certain plaisir que je l'ai vue reprendre confiance en elle et s'épanouir.
En parallèle (car le roman alterne narration du point de vue de Rosie et narration du point de vue de Norman), j'ai trouvé intéressant le personnage de Norman, flic hyper violent, macho à souhait et complètement borné. L'archétype du mâle dopé à la testostérone tellement sûr de sa supériorité qu'il en est à la fois terrifiant et risible (la dérouillée infligée par Gert a d'ailleurs été un grand moment de bonheur).

Pendant cette première partie, l'influence grandissante du tableau sur la vie de Rosie ne m'a pas perturbée outre mesure et m'a même parue cohérente : en manque de repère, Rosie s'identifie à la femme au chiton rose garance, qui l'inspire et la guide métaphoriquement parlant.

En revanche, le basculement de la narration très réaliste vers le fantastique le plus complet (Rosie devenant une sorte d'Alice au pays des merveilles qui traverse le tableau, rencontre des femmes monstrueuses et ambiguës, se perd dans un labyrinthe et affronte un taureau...) m'a moins convaincue. Oui, on comprend bien que c'est une sorte de parcours initiatique censé aider Rosie à affronter et dépasser ses peurs. Mais malgré tout, je n'ai pas aimé cette incursion dans le fantastique : que Rosie vive cette expérience en rêve et trouve ensuite en elle seule la force d'affronter Norman aurait été beaucoup plus convaincant que cette débauche de symbolisme qui part un peu dans tous les sens (l'enfant qui pleure, la rivière Lethé, les graines de la mémoire, le minotaure dans le labyrinthe, la guide et Rose Madder qui paie ses dettes...).

De plus, j'avoue que l'histoire d'amour naissante entre Rosie et Bill m'a plutôt ennuyée. Elle est très (trop ?) mièvre et je trouve le personnage Bill  particulièrement plat. Son seul intérêt réside dans le fait qu'il aide Rosie à reprendre confiance en elle (et encore, nettement moins que Rose Madder) et à se réinsérer dans le monde "normal" mais guère plus...

Donc, un avis plutôt mitigé en fin de compte...

Et vous, qu'en avez vous pensé ?


Editions Le livre de poche (mai 2005)
768 pages

Ce roman fait partie des challenges ABC 2011 et Stephen King.

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