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 En 1901, Pierre Loti alors officier de marine, profite d'une escale de son bateau dans le golfe du Tonkin pour mener une expédition en direction des ruines d'Angkor.

Son périple le mène de Saïgon vers Phnom Penh, lui fait traverser le lac Tonlé Sap et entre-apercevoir la ville de Siem Reap, avant de découvrir les ruines des deux principaux temples angkoriens : Angkor Vat et le Bayon.

Son escapade est de courte durée (elle commence le 23 novembre 1901 et se termine le 03 décembre de la même année) mais elle lui permet malgré tout de découvrir les derniers témoignages de la grandeur khmère d'antan.

 Mes impressions

Je garde un souvenir doux-amer de ce récit de voyage.

Doux, car il m'a fait rêver : dans une autre vie, j'aurais aimé être une exploratrice, une aventurière, l'une de celles qui ont mis à jour et fait renaitre des civilisations. Vivre l'excitation de la découverte, la sensation grisante d'être la première à fouler une terre inconnue. Objectivement, au quotidien, je n'ai pas grand chose d'une aventurière mais j'essaie de compenser un peu en voyageant sans trop jouer les "touristes de base".

Amer, car revenant de 15 jours au Cambodge, j'ai pleinement saisi l'écart entre ce que Pierre Loti a vu (des temples abandonnés et en ruines, uniquement visités par quelques moines fidèles, étroitement mêlés à la nature, d'une grandeur et d'une solitude presque effrayantes) et ce que ces temples sont devenus (une attraction balisée et mercantilisée, envahie par des cars de touristes qui prennent la photo typique et courent de temples en temples sans prendre le temps de gouter toute la magie qui s'en dégage...). Heureusement, ce n'est pas le cas de tous les temples...

Un petit aperçu en images de ce qu'il reste, de nos jours, du pèlerinage de Pierre Loti

A Phnom Penh, la pagode d'argent située dans l'enceinte du palais royal :

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"Elle est toute neuve, cette pagode ; elle éblouit par la blancheur de ses marbres, et ses ors étincellent."

"À son plafond, à ses murailles, des ors trop vifs brillent partout, et mon pas résonne sur des plaques d’argent bien neuves, dont elle est entièrement dallée. Il y a donc encore à notre époque des pays où l’on songe à construire de tels sanctuaires !…"

 Sur le lac Tonlé Sap,

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"Sur le lac, grand comme une mer, voici le lever du soleil. Et en quelques minutes tout se colore. À l’horizon de l’Est, l’air limpide devient tout rose, et une ligne d’un beau vert chinois indique la continuation sans fin de la forêt noyée." 


La cité magnifique d'Angkor Thom et le Bayon

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"Voici où furent des palais, voici où vécurent des rois prodigieusement fastueux, – de qui l’on ne sait plus rien, qui ont passé à l’oubli sans laisser même un nom gravé sur une pierre ou dans une mémoire. Ce sont des constructions humaines, ces hauts rochers qui, maintenant, font corps avec la forêt et que des milliers de racines enveloppent, étreignent comme des pieuvres."

 

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"Je lève la tête vers ces tours qui me surplombent, noyées de verdure, – et je frémis tout à coup d’une peur inconnue en apercevant un grand sourire figé qui tombe d’en haut sur moi,… et puis un autre sourire encore, là-bas sur un autre pan de muraille,… et puis trois, et puis cinq, et puis dix ; il y en a partout, et j’étais surveillé de toutes parts… Les « tours à quatre visages ! » Je les avais oubliées, bien qu’on m’en eût averti… Ils sont de proportions tellement surhumaines, ces masques sculptés en l’air, qu’il faut un moment pour les comprendre ; ils sourient sous leurs grands nez plats et gardent les paupières mi-closes, avec je ne sais quelle féminité caduque ; on dirait des vieilles dames discrètement narquoises. Images des dieux qu’adorèrent, dans les temps abolis, ces hommes dont on ne sait plus l’histoire ; images auxquelles, depuis des siècles, ni le lent travail de la forêt, ni les lourdes pluies dissolvantes n’ont pu enlever l’expression, l’ironique bonhomie, plus inquiétante encore que le rictus des monstres de la Chine…"


Angkor Vat

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"Pour éclairer le déploiement du bas-relief, qui couvre toute la paroi intérieure de la galerie, des fenêtres de distance en distance ouvrent sur le bocage d’alentour, donnant une lumière atténuée que verdissent les feuillages et les palmes. Très somptueuses fenêtres d’ailleurs : elles s’encadrent de si délicates ciselures que l’on croirait des dentelles plaquées sur la pierre, et elles ont des barreaux annelés qui semblent des colonnettes de bois, précieusement travaillées au tour, mais qui sont en grès, comme le reste des murailles."

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J'essaierai de publier dans les jours qui viennent un autre billet sur le Cambodge (car ce pays ne se limite pas à Angkor Vat et au Bayon).


« Au fond des forêts du Siam, j’ai vu l’étoile du soir se lever
sur les grandes ruines d’Angkor… »


Avec ce récit, j'entame le challenge ABC 2011.

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