L_annulaire___couverture

Résumé :

Suite à un accident du travail à l'usine de soda où elle travaille, qui lui a fait perdre un morceau d'annulaire, la narratrice est engagée en tant que secrétaire dans le laboratoire dirigé par M. Deshimaru.

L'atmosphère y est très étrange : le laboratoire, froid et plutôt décrépi, est situé dans une ancienne pension de jeunes filles, où vivent encore deux vieilles femmes ; la narratrice et le mystérieux M. Deshimaru sont les deux seuls employés et le taxidermiste s'occupe de spécimens pour le moins étranges : des champignons, des os d'oiseaux, une mélodie emprisonnée sur une partition, une brulure... autant de souvenirs bons ou mauvais que les clients veulent emprisonner pour les préserver ou les écarter de leur mémoire.

Une relation indéfinissable se noue entre la narratrice et M. Deshimaru : l'homme lui offre une paire de chaussures qui, au fil du temps, ne formeront plus qu'un avec la jeune fille et celle-ci succombe à la fascination qu'il exerce sur elle. Elle devient sa maitresse et, lorsqu'il en exprime le souhait, se soumet à ses désirs, dans la vieille salle de bain désaffectée de la pension.


Mes impressions

Après La marche de Mina du même auteur, cette lecture a été une déception.

Le concept de laboratoire dans lequel on conserve les souvenirs douloureux est très original mais, pour le reste, j'ai trouvé l'ambiance qui se dégage de ce livre très froide et surtout l'histoire glauque, voire malsaine. Et la relation entre la narratrice et M. Deshimaru, faite de silence, de non-dits, de fétichisme, d'ambiguïté et de soumission volontaire m'a mise plutôt mal à l'aise.

 Je n'ai donc pas vraiment réussi à "entrer dans l'histoire", je suis restée à la surface...

"J'avais toujours le cœur battant lorsque je me mettais à ranger. Car c'était à ce moment là qu'il décidait si oui ou non il m'emmenait dans la salle de bain. Soit il me disait bonsoir et partait, soit il posait sa grande main sur mon dos pour me pousser vers le couloir.
Tout en rangeant, je guettais nerveusement ses moindres gestes. Je n'ai jamais refusé ses invitations. Sa main m'emprisonnait au point que j'étais incapable de m'y opposer. Inversement, je ne pouvais pas non plus prendre l'initiative de l'invitation. Parce que son "bonsoir" tombait d'une manière par trop détachée."

 Éditions Acte sud (juin 1999)
95 pages
Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle


Ce roman fait partie du challenge In the mood for Japan.

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