L_enfant_noir___couverture4ème de couverture :

"L'enfant noir grandit dans un village de Haute-Guinée où le merveilleux côtoie quotidiennement la réalité. Son père, forgeron, travaille l'or au rythme de la harpe des griots et des incantations aux génies du feu et du vent. Respectée de tous, sa mère jouit de mystérieux pouvoirs sur les êtres et sur les choses. Elle sait détourner les sortilèges et tenir à l'écart les crocodiles du fleuve Niger. Aîné de la famille, le petit garçon est destiné à prendre la relève de son père à l'atelier et, surtout, à perpétuer l'esprit de sa caste au sein du village. Mais son puissant désir d'apprendre l'entrainera inéluctablement vers d'autres horizons, loin des traditions et des coutumes de son peuple..."

Qu'est ce que j'en ai pensé ?

Un véritable voyage en Haute-Guinée grâce à ce très beau récit initiatique.
Le lecteur accompagne l'auteur dans les grandes étapes de sa vie, qui feront de l'enfant noir un homme, et plonge en immersion dans la vie extraordinaire et joyeuse des africains de l'époque, avec leurs coutumes et leurs superstitions.

Et le monde qu'il découvre est extraordinaire et joyeux : la magie, la musique, le chant et la danse sont partout présents et rythment aussi bien les actes anodins de la vie quotidienne que les rites initiatiques, ils agissent comme liens entre les hommes, comme remèdes contre la fatigue et la peur. Le monde qui entoure l'enfant est fait d'amitiés, de fraternité au sein de la tribu et de l'immense amour de sa famille (et notamment de sa mère, à qui le livre est dédié).

Camara Laye a écrit ce livre en 1953 alors que, seul en France, séparé des siens, il vivait un profond désarroi. Le contraste avec sa vie d'enfant devait être criant et transparait à travers son récit, avec la mélancolie qui s'en dégage par moment et avec une certaine idéalisation de son enfance perdue.

Car, l'enfant noir a quitté son pays et les siens pour devenir véritablement homme et accomplir son destin, mais cet accomplissement ne s'est pas fait sans déchirement pour l'enfant noir.

"Ils chantaient, nos hommes, ils moissonnaient; ils chantaient en cœur, ils moissonnaient ensemble: leurs voix s'accordaient, leurs gestes s'accordaient ; ils étaient ensemble! - unis dans un même travail, unis par un même chant. La même âme les reliait, les liait; chacun et tous goutaient le plaisir, l'identique plaisir d'accomplir une tâche commune. Était-ce ce plaisir-là bien plus que le combat contre la fatigue, contre la chaleur, qui les animait, qui les faisait se répandre en chants?"

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Safari littéraire organisé par Tiphanya. J'en profite pour lui adresser un grand merci pour ce challenge : grâce à elle, j'ai découvert tout un tas d'auteurs africains vers qui je ne me serais sans doute pas tournée sans ce challenge. Pour le coup, ma PAL a encore augmenté.

Prochaines lectures africaines : Une saison blanche et sèche d'André Brink et C'est le soleil qui m'a brûlée de Calixthe Beyala.

 

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