maitre_marguerite_mikhail_boulgakov_L_14ème de couverture :

"Écrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, "Le Maître et Marguerite" a mis 25 ans pour s'imposer comme l'un des chefs d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs.

Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jesus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions.

C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques. Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites."

 Résumé :

Le professeur Woland et sa suite démoniaque (Koroviev/Fagot, le chat Béhémot, le tueur Azazello et la sorcière vampire Hella) débarquent comme par enchantement à Moscou la veille de Pâques et entreprennent de semer la zizanie dans le monde culturel moscovite : des évènements surnaturels surviennent, Berlioz en perd la tête, les membres de la nomenklatura littéraire disparaissent dans des conditions cocasses et mystérieuses, une représentation théâtrale sur fond de magie noire se transforme en émeute et le poète Ivan se retrouve dans un asile de fous.

Il y rencontre le Maître, interné volontaire qui a frôlé la folie suite aux violentes critiques dont son livre sur Jesus et Ponce Pilate a fait l'objet et qui tente d'oublier Marguerite, son grand amour. La jeune femme n'est pas épargnée par les évènements surnaturels qui frappent la ville : conviée au bal de Satan organisé par le professeur Woland, elle découvre un monde très différent du rationalisme soviétique de l'époque et entrevoit le moyen de retrouver son amant...

 

Qu'est ce que j'en ai pensé :bulgakov

Dans un premier temps, j'ai été assez déstabilisée par la structure de la narration et par l'imbrication des scènes moscovites et des scènes faisant intervenir Ponce Pilate, et je dois dire que je ne voyais pas trop quel était le lien. Finalement, à partir de la 2nde partie du roman et l'intervention de Marguerite, le lien s'est fait lorsque j'ai compris que le récit sur Ponce Pilate était en fait le livre écrit par le Maître.

Passée la question de la complexité de la narration, j'ai eu un coup de cœur pour ce roman.

Les évènements burlesques et fantastiques contrastent avec la réalité pas très gaie du monde soviétique des années 1920 et soulignent son absurdité : les disparitions surnaturelles font écho aux disparitions nocturnes sur intervention de la police, le style grandiloquent de Koroviev et Béhémot parodie les grandes élégies à la gloire de l'URSS, les manigances pour s'approprier l'appartement de Berlioz rappellent la pénurie de logements et les contraintes de la vie dans les appartements communautaires, les tours joués par Woland aux apparatchiks de la culture apparaissent comme une vengeance, non pas divine mais démoniaque, contre une culture uniformisée, conformiste et au service du pouvoir.

Mais, au delà la critique acerbe de la société russe, le roman présente plusieurs niveaux de lecture : une réflexion sur la religion à travers les remords puis la rédemption finale de Ponce Pilate, sur le bien et le mal à travers  le personnage de Marguerite qui se compromet avec Woland pour retrouver le Maître. L'intervention de Satan himself est de plus assez ambigüe: il sème le chaos le plus complet mais n'en est pas pour autant détestable et apparait presque comme une figure de justice qui punit les incroyants (cf. Berlioz), les cupides (cf. la distribution de billets), les faux artistes (cf. le directeur des variétés, l'administrateur du théâtre) et les manipulateurs mais qui récompense les vrais artistes (le maître) et les âmes fortes (Marguerite).

Les personnages sont particulièrement hauts en couleur, notamment la suite du professeur Woland. Et Boulgakov, à travers Marguerite, dresse un très beau portrait de femme : forte, altruiste, amoureuse passionnée, un peu vindicative, intrépide... C'est d'ailleurs le seul personnage qui n'est pas épouvanté par le surnaturel qui entoure Woland et qui se transforme en sorcière, le temps d'une nuit, pour son plus grand plaisir. Le maître parait d'ailleurs bien pâlot à comparer d'elle !

Et vous, qu'en avez vous pensé ?

Ce roman a été lu dans le cadre du challenge organisé par Pimpi, Une année en Russie.

Russie

Si vous souhaitez obtenir plus d'informations concernant ce roman, un site lui est entièrement consacré et fourmille d'informations concernant les lieux et les personnages : Master and Margarita.

 

coup_de_coeur